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Interview Key des Artistes | DJ

Cette année, j'ai eu le privilège d'intervenir en tant que formatrice au métier de Wedding Planner au sein de l'école de formation de l'ISEFAC de Lyon.

Les étudiantes avaient pour projet d'aller à la rencontre des différents acteurs du mariage et j'ai le plaisir de vous faire découvrir l'interview qu'elles ont mené avec Brice Etienne, DJ fondateur de Key des artistes !



Vous faites partie de l’agence Key des Artistes, pourriez-vous nous raconter l’histoire de Key des Artistes ? Comment ce projet est-il né ?


Key des Artistes existe depuis 15 ans. C’est moi qui ai créé la structure car mes collègues et amis avec qui je travaillais n’avaient pas l’envie, ni le temps de gérer la partie administrative d’une entreprise. Autrement dit, c’est ma société, je fais partie des 8 DJs de la structure, je m’occupe de la partie administrative et de répartir jusqu’à 7 mariages, possibles, par week-end entre tous les DJs de l’agence. C’est donc une structure de DJ mais concrètement on a toujours (les DJs de Key des Artistes et moi) été un collectif. La nécessité d’avoir une société c’était de pouvoir être assuré, déclaré et être « professionnel ».


Quelle est la zone géographique que vous couvrez ?


Globalement on couvre la région Auvergne-Rhône-Alpes. Mais l’avantage de Lyon, c’est que 80% - 90% des prestations privées/mariages ont lieu dans le Beaujolais, puis un petit peu en Drôme Provençale et en Ardèche.

Pour l’événementiel d’entreprise on a tout ce qu’il faut à Lyon.

Donc finalement si on fait un mariage plus loin que cette zone cela engendre des frais de déplacement.

J’ai, cependant, la chance d’avoir assez de travail pour tout le monde en restant sur une centaine de kilomètres autour de Lyon.


Qu’est-ce qui vous différencie des autres DJ ?


D’une part on est positionné sur le créneau du mariage haut de gamme, c’est-à-dire des mariages à moyen voir gros budget et donc, de fait, des châteaux, des domaines etc…

D’autre part, on est des vrais DJs généralistes dont l’objectif est de faire danser un maximum de personnes le plus longtemps possible. DJ généralistes, j’entends par là qu’il y a trois catégories de DJ :

- Les DJs animateurs,

- Les DJs artistes que l’on fait venir pour leur style musical, leur patte, leur production,

- Et puis ensuite, il y a Les DJ généralistes qui n’ont pas de style particulier mais qui font du sur-mesure et qui s’adaptent à la demande du client et qui ont une très grande culture musicale.


Ainsi, qui dit prestation haut de gamme, dit du « tout inclus ». Je suis dans la démarche du « tout inclus » car selon moi une prestation de base, c’est forcément le cocktail, le dîner et la soirée. Si le dîner et la soirée n’ont pas lieu dans le même espace ce n’est pas un problème pour moi car dans mon package de base je peux aller jusqu’à trois espaces sonorisés différents. J’inclus, aussi, l’éclairage architecturale de la salle parce que je considère que c’est indispensable et pour moi ce n’est pas une option comme le vidéo projecteur et l’écran pour les vidéos et PowerPoint. Tous cela est inclus dans la prestation de base mais j’ai quelques options telles que la cérémonie laïque qui est un quatrième lieu de sonorisation, le bar à vinyle de Key des Artistes pour le cocktail ou lorsque je propose des artistes, des groupes musicaux en complément de ma prestation de DJ.


Ce qui nous différencie c’est aussi le soucis du détail. Par exemple, je mets toujours une rallonge sur les prises électriques que j’utilise afin que les convives puissent, en cas de besoins, faire charger leur téléphone, sans débrancher tout mon matériel.


Et puis concrètement l’expérience, cela fait 26 ans que je suis DJ, à raison de 15 à 20 mariages par an.


Brice Etienne, DJ fondateur de Key des Artistes

Maintenant, parlons un peu plus de vous : Quel est votre parcours ?


J’ai un profil un peu « atypique ». J’avais 15 ans quand j’ai commencé DJ dans le monde associatif. Il y avait une association de jeunes dans mon village, c’était un lieu de rassemblement dans lequel se déroulait des soirées une à deux fois par mois que j’animais. Aux alentours de mes 17 ans, j’ai commencé à proposer mes services à des particuliers pour des soirées d’anniversaire, des mariages etc… donc petit à petit j’ai effectué des événements de plus en plus gros et rapidement ça a pris des proportions importantes. J’ai été engagé par des sociétés de production et des agences événementielles qui me bookaient sur des mariages et diverses prestations.


En parallèle de tout cela, j’ai toujours continué mes études. Je suis diplômé de l’IDRAC, d’une maitrise en marketing et gestion des entreprises. Dans le cadre de cette maitrise j’ai monté ma propre entreprise. Au départ j’avais une agence événementielle, en tant qu’auto-entrepreneur dans laquelle je proposais des prestations DJ mais pas seulement. Puis en 2001 j’ai fermé mon agence et j’ai dû trouver un travail en tant que salarié. J’ai tout recommencé à zéro et je suis rentré chez Auchan comme vendeur électro-ménager.


Aujourd’hui j’ai ma structure de DJ, Key des Artistes et un travail salarié par ailleurs. Je suis manager chez un grossiste dans l’agroalimentaire. J’ai accessoirement monté une association de défense du secteur de l’événementiel, il y a 8 mois.


Qu’est-ce qui vous a motivé à devenir DJ ?


J’ai toujours aimé la musique de manière générale. Mes sœurs ont 10 ans de plus que moi et dans les années 80 – 90 elles écoutaient ce qui était à la mode à cette époque. J’ai donc grandi avec toute la culture musicale de ces années-là. Dans les années 1990, quand je suis rentré dans cette association, c’était les années « dance », donc les DJs résidents voulaient passer la « dance » et la musique actuelle. Tout le reste, la « funk », la « disco » ne les intéressaient pas car ce n’étaient pas les tubes du moment. Mais moi, j’adorai cette partie-là et je mettais le feu ! Faire danser les gens sur ce qui n’était pas à la mode m’a beaucoup plu.


Aujourd’hui tout le monde a une idée de la profession de DJ de mariage, sans vraiment connaître les missions et l’importance de ce métier lors des mariages. Pourriez-vous nous présenter « la journée/soirée type » d’un DJ ?


Pour moi ça commence déjà bien avant, car il y a la partie marketing, communication et visibilité. On est le pire métier à se vendre car on est purement dans la prestation de service et c’est très compliqué, d’autant plus que chacun à son idée du DJ wedding et notamment de ce qu’il veut et de ce qu’il ne veut pas. Très souvent on nous demande s’il est possible de nous voir à l’action mais étant donné que l’on ne participe qu’a des événements privés, il est impossible d’inviter nos potentiels mariés dans un autre mariage ou un événement d’entreprise. Et puis comme on est dans le sur-mesure je crée mes playlists de soirée en fonction de ce que me demande le client. De ce fait, une playlist créée pour un client ne plaira pas forcément à un autre.


Ensuite il y a une première prise de contact avec les mariés et généralement s’en suit un premier entretien qui dure 1h - 1h30 qui se conclu par la signature d’un contrat ou non. S’ils signent le contrat, alors on échange ensemble sur leurs souhaits, leurs envies en termes de musique, sur les horaires, s’il y a une cérémonie laïque etc.


Puis quinze jours, trois semaines avant le mariage, la famille et les témoins viennent me présenter ce qu’ils ont prévu. Malheureusement, c’est très souvent que les témoins se manifestent deux à trois jours avant le mariage.


Le jour-j, on a le déroulé de notre journée, toutes nos musiques en haute définition, nos playlists, les horaires prévus, les contacts etc. Concrètement, on arrive toujours 3 heures avant la première prestation. On compte 1h30 à 2h pour s’installer et 1 heure supplémentaire en cas de soucis. Dès notre arrivée, on installe la première prestation, soit la cérémonie ou le cocktail, et après on débute l’installation de la salle. Si toutefois, avant le début du cocktail on n’a pas fini d’installer la salle ce n’est pas grave car nous avons le temps du cocktail pour terminer.


Pendant le cocktail on explique aux témoins et à la famille comment fonctionne le micro, on vérifie que les clés USB, les diaporamas etc. marchent correctement, et on en profite pour finir d’installer la salle.


Vers 19h30 on a enfin un déroulé exact de la soirée et l’on se met d’accord avec le traiteurs sur les horaires de passages. A l’heure du repas on invite les convives à s’assoir puis arrive le moment du « dîner-interventions » par la famille et les témoins.


C’est au moment du dessert et de la soirée dansante que notre travail commence vraiment. Soit entre minuit et 1h du matin. Tout le reste avant est invisible mais indispensable car c’est fluidifier, c’est avoir les bons éléments techniques, être en relation avec tous les autres prestataires et vérifier avec eux le timing de chacune des interventions. C’est s’assurer que tous les intervenants soient prévenus de chaque interventions. Tout cela est un vrai travail d’équipe !


Enfin, entre 1h et 5h du matin c’est la soirée dansante. A l’issue de cette soirée on démonte le matériel, on le range et on rentre chez soi entre 8h et 9h du matin. Donc en moyenne on est partie à 14h pour un cocktail qui commence à 18h et on rentre à 8h du matin. C’est donc, au bas mot, 20 heures de travail. Plus le travail en amont, on est, finalement, sur 30 heures de travail.



Dans un second temps, selon vous quelles sont les qualités principales que doit avoir un DJ ?


Il faut être discret mais présent et avoir une grande culture musicale, bien évidemment. Il faut, aussi, avoir cette capacité à saisir une piste de danse et les attentes des personnes.

Je n’ai pas de recettes magiques et ne crois pas à la playlist type mariage qu’on passe tous les samedis. Il faut être rigoureux et professionnel dans l’ensemble, c’est-à-dire savoir anticiper et être à l’écoute.

Notre plus grosse source de stress c’est la panne technique et donc pour palier à cela tout notre matériel est doublé. Pour chaque soirée on a aussi un DJ Key des artistes de secours afin que toutes les prestations puissent être assurées quoi qu’il arrive. Il faut toujours avoir un plan B !


Selon vous quels sont les difficultés et les richesses du métier de DJ de mariage ?


La difficulté, c’est 20 heures de travail à la suite, sans pause. On transporte beaucoup de matériel fragile que l’on monte et que l’on démonte, on travaille toujours pendant les périodes de fêtes et les week-end, ainsi, c’est compliqué d’avoir une vie sociale à titre personnel.


Mais c’est avant tout un métier de passion. On est payé pour passer de la musique, pour être dans un contexte festif, agréable, de mariage, il y a pire comme cadre de travail.

Et puis concrètement, on participe à la mise en valeur du lieu, de l’espace. Si l’on créé un belle ambiance avec une jolie lumière et une jolie mise en valeur, on peut sublimer des lieux.


Enfin, pourriez-vous nous parler de l’autre aspect du métier de DJ, celui en lien avec la lumière ? (Décoration architecturale)


Cet aspect est primordial et fait partie intégrante de l’ambiance. La lumière pour la soirée dansante participe au fait de s’ambiancer et elle permet aussi d’emmener les gens danser car très souvent ils sont timides. La lumière permet aussi de s’adapter à la programmation musicale.

Enfin, la décoration architecturale permet de mettre en valeur les lieux, et notamment elle permet pendant la soirée dansante de garder une certaine luminosité afin que ceux qui souhaitent rester à table puisse se voir entre eux sans être dans l’obscurité la plus totale.

Et c’est une réelle satisfaction d’avoir de superbes photos d’un lieu bien mis en valeur.



Nous pensons tous qu’un DJ travaille en solitaire alors que non les DJs travaillent en « équipe ». Pouvez-vous nous dire comment vous travaillez avec les différents prestataires ?


On travaille en équipe et on est tous lié, car tout est important sur un mariage. Tout est indispensable et c’est un tout. Je ne fais pas qu’en fonction de moi ou de ma partie. J’intègre, forcement, les contraintes des autres prestataires.


La wedding planner est la coordinatrice en amont et le jour J du mariage. Quelle est votre perception du métier de wedding planner ?


J’adore ! Elle m’enlève 50% voire la quasi-totalité des problèmes en amont et le jour-j (sauf les problèmes techniques liés à mon métier). En plus, elle est apporteuse d’affaires. A partir du moment où la Wedding Planner réussie à se vendre auprès des mariés et qu’ils sont en confiance, ils ne vont pas aller chercher d’autres prestataires que ceux proposés par la Wedding Planner.

En amont, elle gère, temporise et centralise tout afin que le jour-j on est une feuille de route précise, où chacun des prestataires sait ce qu’il à faire et quand. Elle est la référente le jour-j, pour moi c’est parfait !

Enfin, elle contribue à professionnaliser le secteur des DJs.



Quelle est votre façon de travailler avec une wedding planner ?


Je me mets à son service. Concrètement c’est elle la cheffe d’orchestre de la soirée et c’est sur elle que repose la responsabilité d’arriver à ce que les mariés souhaitent. Si à un moment ou un autre il y a quelque chose qui est techniquement impossible je lui dis et on s’arrange mais sinon je suis les directives et ceci n’est absolument pas un problème pour moi, bien au contraire, car c’est du stress en moins, du temps de gagné, de la simplicité. Je n’y vois que des avantages !


Pour finir l’interview, dites-nous quel est le type d’événement que vous préférez animer ?


Je m’éclate sur des très gros mariages qui sortent du lot avec un vrai challenge. J’ai eu l’occasion, avec Julie Eymard, fondatrice de l'agence Scène de Mariage, de faire un gros mariage avec un vrai challenge où je devais éclairer des jardins à la française.


Quel est le pire scénario qui vous est arrivé lors d’un mariage et quelle(s) solution(s) avez-vous mis en place pour pallier cela ?


J’ai effectué un mariage dans le sud Ardèche où la veille il y avait eu un énorme orage, et les réseaux électriques avaient été coupés. Nous sommes venus le jour du mariage avec deux groupes électrogènes, un pour nous et un pour le traiteur afin d’assurer notre prestation et celle du traiteur.


Enfin, racontez-nous votre meilleur souvenir de mariage...


C’est un mariage organisé complètement à distance, par mail, car le marié vivait au Japon. C’était donc, pour moi, un mariage Franco-Japonais, qui le jour-j s’est révélé être un mariage Franco-Libanais-Japonais, car le marié était d’origine Libanaise. Cependant la culture Japonaise et Libanaise sont aux extrémités. Je n’imaginais pas que se mélange de culture puisse prendre aussi bien, car sur le papier cela paraissait très compliqué et finalement cela a été une soirée de dingue, où j’ai aussi bien passé des musiques Libanaises, qu’Européennes, qu’internationales, que Japonaises. Tout le monde s’est amusé jusqu’à 5h du matin ! J’en garde un super souvenir !


Un grand merci à Brice Etienne de Key des Artistes !



Brice ETIENNE, Key Des Artistes :

Site internet : https://keydesartistes.fr

Instagram : https://www.instagram.com/keydesartistes

Facebook : https://www.facebook.com/keydesartistes



Cet interview a été réalisé par Loïse & Sirine, dans le cadre d’un projet d’étude de l’école ISEFAC Lyon. https://www.isefac-bachelor.fr |@isefac.lyon | Isefac Bachelor



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